domingo, 29 de agosto de 2010

Escuta, Israel




Le voyage


"Il est d'abord à ses propres yeux un départ et un arrachement à la banalité. Par lui se produit une rupture dans le tissu ordinaire du temps, et il ne vaut como voyage que s'il est exceptionnel, exaltant et joyeux. Non qu'il soit joyeux d'être exceptionnel: il doit être l'exception de la trame quotidienne pour être voyage et non routine, affaire ou nomadisme: c'est ensuite de son être de voyage que se tire la joie que tous connaissent et que tous se promettent d'un grand voyage qu'ils entreprennent.
Mais le voyage le plus libre, le plus heureux, le plus ébloui de soi-même, n'est-il pas celui où le Voyageur procède lui-même à sa propre iniciation, à son propre travail de libération, de création et d'ebchantement? Le voyage le plus étonnant et le plus fécond à la fois n'est-il pas celui qui dessine son itinéraire en le déployant et qui l'invente par le voyage même? Celui-ci devient alors sa propre finalité et il trouve son fondement dans le mouvement même qui le définit: il trouve alors en lui-même et sa jouissance et sa justification. N'est-ce pas la structure même du voyage de l'être?"

Robert Misrahi




"Prenez garde que votre coeur ne cède à la séduction, que vous ne deveniez infidèles, au point de servir d'autres dieux et de leur rendre hommage. La colère du Seigneur s'allumerait contre vous, il défendrait au ciel de répandre la pluie, et la terre vous refuserait son tribut, et vous disparaîtrez du bon pays que l'Eternel vous destine".


Deuteronômio, 16-17


"Mais l'homme est aussi l'irruption de Dieu dans l'être ou l'éclatement de l'être vers Dieu; l'homme est rupture de l'être où se produit le donner, les mains pleines au lieu de luttes et rapines; d'òu l'idée d'élection qui peut se dégrader en orgueil mais qui originairement exprime la conscience d'une assignation irrécusable dont vit l'éthique et par laquelle l'irrécusable de l'assignation isole le responsable.(...) Le prescriptif de la Révelation juive, dans son obligation impayable, n'en est-elle pas la modalité même? Obligation impayable, brûlure ne laissant même pas de cendre qui serait encore, à un titre quelconque, substance reposant sur elle-même; toujours éclatement du 'moins', incapable de contenir le 'plus' qu'il contient: sous forme de 'l'un-pour-l'autre"

Levinas, L'au-delà du verset



"L'expérience du désert , c'est aussi l'écoute, l'extrême écoute".

Edmond Jabès, Traité Avot I

quinta-feira, 26 de agosto de 2010

Idolatria





"Ce que l'idole travaille en effet a résorber, c'est précisément cet écart et le retrait du divin... Subvenant l'écart et le retrait du divin, l'ídole met à disposition le divin, l'aaaure et à la fin, le dénature. Son ahchèvement achève mortellement le divin. L'idole tente de nos approcher du divin, et de nous l'approprier ( grifo meu): parce qu'il craint l'atheísme, l'adorateur met la main sur le divin dans la forme d'un dien; mais cette prise en main perd ce qu'elle saisit: ne lui reste qu'une amulette trop bien connue, trop maniable, trop assurée.. L'idole manque la distance qui identifie le divin comme tel-comme ce qui ne nous appartient pas, mais nous advient"( grifo meu).

Jean Louis Marion, L'idole et la distance, Grasset.

Do erotismo


" O propósito deste ensaio, Meditações eróticas, é apresentar a démarche lévinaisiana segundo um ângulo que pode arecer surpreendente mas que de fato é um dos centros de sua problemática. O erotismo como estrutura "visível-invisível" est é uma revlução e uma subversão da corrente fenomenológica tal como se encontra em Hesserl e Heidegger em particular, dignos continuadores da filosofia tal como esta se apresenta desdobrada desde Platão como exibição radical do ser em sua plena luz ( nota minha: desvelamento, manifestação a ).
De maneira geral, é aceito como evidente a idéia que o conhecimento forçosamente desvela, exibe, traz à luz, ao dito e ao escrito, as coisas ocultas.

A obra de Lévinas nos recorda que nosso conhecimento nasce do dia e da noite, da transparência e da opacidade, da manifestação e do secreto. Há neste filósofo uma espécie de elogio da sombra
( diria antes: do chiaroscuro), para retomarmos o belo título de um livro de Léon Chestov editado em Atenas e Jerusalém, e que resume bem:

"Os fins da filosofia. Os filósofos aspiram a 'explicar' o mundo, de forma a que tudo se torne claroe transparente e que a vida não contenha mais nenhum ( ou o menos possível)de misterioso". Não seria necessário antes se empenhar em mostrar que isto mesmo que parece aos homens claro e compreensível é estranhamente enigmáticoe misterioso?Não seria necessário esforçar-mko-nos para nos libertarmos e libertar os outros do poder dos conceitos, cuja clareza dstrói o mistério? As fontes do ser estão em efeito no que se vela, e não no que está à descoberto"

(
...) Meditações eróticas é ecrito em um primeiro tempo à margem da problemática ética para sublinhar uma estrutura ontológica que funda a própria ética. Pareceu-nos fecundo apresentarab aobra de Lévinas a partir da problemática do erotismo, que funciona já como um meio dinâmico no conjunto desta filosofia cuja complexidade e riqueza restam ainda a descobrir.

A dualidade erótica do "visível-invisível" não seria talvez estrangeira à dupla referência filosófica na qual se move Lévinas. Certo, o grego que, como o diz Michel Serres, "nos impulsiona em direção á clareza, dela farlando inesgotavelmente até a destruição das coisas", mas também a judia, que conduz à sombra do secredo em retração nas letras carrées do texto bíblico e talmúdico.
O pudor do erótico é também uma maneira de se retirar do Saber; um estado de 'je ne sais quais" metodológico e quase ontológico, pois corolário de uma compreensão do ser em termos de movimento e perfecibilidade. (...) Assim, Lévinas introduz o termo de "caresse", espécie de anti-conceito que abre ao questionbamento, modalidade erótica da linguagem, retração do saber, abertura ao próprio futuro"

Marc-Alain Ouaknin, Méditations érotiques



"Lorsqu'a Abraham eut atteint quatre-vint-diz-neuf ans, Dieu apparut et lui dit: 'Je suis le ChaddaÏ, marche devant moi et sois parfait".

Dieu se présente comme El Chaddaï.
Dieu n'as pas un Nom, il a des Noms. Et même ces Noms ont des Noms. Le Nom de Dieu n'est pas son Nom, mais la manière dont il propose à l'homme de le concevoiur dans telle ou telle situation. Le Nom est ici du côté du nommant et non du nommé. Le Nom de Dieu est un Nom-pour-l'homme.
Le Talmud donne plusiers explications du nom Chaddaï. Celle-ci nous semble essentielle: Chad signifie le sein d'une femme; ChaddaÏ "mes seins". Parole d'une femme qui parle de son propre corps. Mais ses seins ne son pas exposés dans une vision nue, directe; ils sont recouverts par un voile, non pour les cacher mais pour les faire entrer dans le registre dans la trasnecandence du visible-invisible.

Le seins de femme derrière un voile est cette vision même que le Cohen Gadol ( le grande prêtre) se 'permet d'avoir' de jour de Youm Kipour, dans le lieu le plus sacré, dans le temps le plus sacré.
étrange!]Le Dieu-Chaddaï annonce que ce dont il va être question sera do registre du "visible-invisible",de la transcendence et de l'érotisme"

Marc-Alain Ouakin


"La caresse est un mode d'être du sujet, où le sujet dans le contact d'un autre va au-delà de ce contact. Le contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière.
Mais ce que est carressé n'est pas touché à proprement parler.
Ce n'est pas le velouté ou la tièdeur de cette maisn donnée dans le contact que cherche da caresse.
Cette recherche de la carresse en constitue l'essence par le fait que la carresse ne sait pas ce qu'elle cherche. Ce 'ne pas savoir', ce désordonné fondamental en est l'essential.
Elle est comme un jeu avec quelque chose qui se dérobe, et un jeu absolument sans projet ni plan, non pas avec ce que peut devenir nôtre et nous, mais avec quelque chose d'autre, toujours inacesible, toujours á venir.
La carresse est l'attente de cet avenir pur, sans contenu.

Elle est faite de cet accroissement deafim, de promesseds toujours plus riches, ouvrant des perspectives nouvelles sur l'insaisissable"...

Le Temps etl'Autre Émmanuel Levinas



"Le préface de ce petit livre où l'érotisme représenté, sans détour, ouvrant sur la conscience d'une déchirure, est pour moi l'occasion d'un appel que je veux pathétique. Non qu'il soit à mes yeux surprenant que l'ésprit se détourne de lui-même et, pour ainsi dire se tournant de dos, devienne dans son obstination la caricature de la vérité. Si l'homme a besoin du mensonge, après tout, libre à lui! L'homme, qui, peut-être, a sa fierté, est noyé par la masse humaine... Mais enfin: je n'oublierai jamais ce qui se lie de violent et de merveilleux à la volonté d'ouvrir les yeux, de voir en face ce qui arrive, ce qui est. E je ne savais rien du plaisir extrême, si je ne savais rien de l'êxtreme douleur"


Madame Edwarda, Georges Bataille.


Notas:










Esta declinação do Sujeito que o erotismo pressupõe me parece um modelo de Alteridade muito mais originário que o gesto ético.


domingo, 22 de agosto de 2010

Messianismos 1




"Selon le principe de la klésis messianique, une condition factuelle determinée est mise en relation avec elle-même- les pleurs sont tendus vers les pleurs, la joie vers la joie- et, de cette manière, revoquée et remise en question sans pour cela en altérer la forme. C'est pourquoi le texte de Paul sur la klêsis peut se conclure avec la phrase paragei gar to schema tou kosmou toutou" ( Cor 7, 31), "elle passe, la figure, la maniére d'être de ce monde"; en tendant toute chose vers elle-même sous la forme du comme non, le messianique ne fait pas que l'effacer simplement; au contraire, il la fait passer, il en prépare la fin. Le messianique n'est pas une autre figure, un autre monde; c'est le passage de la figure de ce monde".

Giorgio Agamben, Le temps que reste



"
Ce qui est essentiel chez Paul ce n'est ni le dogme ni la théorie, mais au contraire l'expérience factuelle, la maniére dont les relations mondaines sont vécues ( der Vollzug, l'accomplissement, la maniére de vivre). (...) Il s'agit de parvenir à une nouvelle relation fondamentale. Celle-ci doit être produite selon le mode de l'accomplissement. Les signification existantesde la vie effective son vécues hõs mê, comme si non ( als ob nicht). Chacun doit demerer dans l'appel dans lequel il se trouve(...) on trouve ici un contexte de sens spécifique: les relations avec le monde environnat reçoivent leur sens non à partir de l'importance du contenu dont elles procèdent, mais au contraire la relation et le sens des significations vécues se déterminent originalement à partir de la manière dont ils sont vécues ( Vollzug)....) Ce qui est transformé, ce n'est pas le sens de la relation, et encore moins son contenu. Donc: le chrétien n'abandonne pas le monde. Si un homme a eté apelé comme esclave, il ne doit pas croire que sa libération implique un gain pour son être. L'esclave doit rester esclave. La condition mondaine dans laquelle il se trouve est indifférente. En tan que chrétien, l'esclave est libre de tout lien, et l'homme libre en tant que chrétien devient l'esclave de Dieu"

Heidegger, Introdução à fenomenologia da religião.






sábado, 3 de julho de 2010

Abaixo-assinado pela abertura dos aqrquivos da ditadura militar. Todo mundo que aspira à cidadania ( que não é inata nem natural!, sempre bom lembrar) tem que assinar.


http://www.oab-rj.org.br/forms/abaixoassinado.jsp

sexta-feira, 2 de julho de 2010

Do círculo


"Quant à moi, voici quelle sera mon alliance avec eux, dit Dieu: mon esprit qui est sur toi et mes paroles que j'ai placées dans ta bouche ne s'éloigneront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dit Dieu, dès maintenant et pour toujours".

Isaías, 59:21.





" Le clair-obscur de la Révélation donne à penser la foi, non comme l'intrusion de l'irrationnel dans la pensée et la vie, mais comme une ouverture à une altérité irréductible à la connaissance sensible et rationelle. La Bible l'exprime dans son langage non conceptuel lorsqu'elle évoque l'impossibilité de soutenir le face-à-face avec Dieu. insi, lors de l'apparition divine au buisson ardent, "Moise se cacha le visage ( vaiéster Moché panav), craignant de regarder ieu" ( Ex. 3.6). Certains commentateurs en déduisent l'impossibilité de saisir l'essence divine par les sens. Ainsi, selon J. Albo, 'Il avait d'abord cru que c'était un phénomène naturel et il s'était approché pour l'observer. Mais lorsqu'il entendit les paroles :' Je suis le Dieu de ton père', il comprit qu'il était en présence d'un phénomène surnaturel. Il crainigt alors de le contempler car nos sens, loin de pouvoir servir à la perception de l'abstrait, l'entravent au contraire'.

(...) Moïse ne voit donc que le 'dos' ou encore les traces de la lumière divine, comment le comprendre? Tout comme une grande intensité lumineuse brûle les yeux imprudemment exposés à son irrécusable splendeur et les aveugle, nul ne peut, fût-il Moïse, prétendre regarder Dieu face á face. Le statut difficile de ce terme anthropomorphique- la Face- doit se penser en référence avec l'interdit de toute représentation- image, statue- de Dieu: la 'Face' divine reste en effet au-delà de toute captation humaine. (...) Le texte enseigne en effet que, tout en restant invisible, cette Face donne à voir, à ceux qui se tiennent en sa proximité, les traces de sa luminosité, elle-même insoutenable par un regard humain. Elle oriente les yeux sur le monde visible pour qu'ils s'y repèrent et voient aussi tout ce qui demeure dans l'ombre et la misère. (...) ( grifo meu). Or seul l'invisible rend cette vision possible, comme seule la clarté d'un soleil, lui-même interdit au regard, permet de distinguer dans un lieu obscur ce qui provoque admiraton ou effroi".

Catherine Chalier, Sagesse des sens


"In a exemplary study that draws on literature, sculpture and vase painting, François Frontisi-Ducroux has show how the Greeks conceived of the Gorgon, that horrid female head covered with serpents whose gaze produced death and which Perseus, with Athena's help, had to cutt off without seeing. First of all, the Gorgon does not have a face in the sense expressed by the Greek term prosopon, which etymologically means "what stands before the eyes, what gives itself to be seen". The prohibited face, which cannot be seen because it produces death, is for the Greeks a non-face and as such is never designated by the term prosopon. Yet for the Greeks this impossible vision is at same time absolutely inevitable. Not only is Gorgon's non-face represented innumerable times in sculpture and vase painting; the most curious fact concerns the mode of Gorgon's representation. ' Gorgon, the anti-face, is represented only through a face... in a ineluctable confrontation of gazes... this antiproposon is given over to the gaze in its fullness, with a clear demonstration of the signs of her dangerous visual effects.' Breaking with the iconographical tradition by which the human figure is drawn in vase painting only in profile, the Gorgon does not have a profile; she is always presented as a flat plate, without a third dimension- that is, not a real face but as an absolute image, as something that can only be seen and presented. The gorgoneion, which represents the impossibility of vision, is what cannot not be seen. "

Giorgio Agamben, Remnants of Auschwitz


"Pour Rosenzweig, tout peut bien différer entre le régime humain et le régime divin, mais, de façon théomorphique, la parole transcende la transcendance. (...) C'est par la parole que peut s'opérer la mobilisation des structures élémentaires mises a jour par la construction. L'ordre logique prend à rebours l'ordre réel qui est l'ordre de la parole et que la réversion-révélation restitue: 'le language réel présuppose les nversions internes des éléments élaborés dans le prémonde silencieux et la sortie de leurs fragments singuliers dans le (monde) manifeste ( ins Offenbare)'. Le 'manifeste', évidemment rapporté á la révélation ( Offenbarung), vient toujours-dejà parlerle silence prémondain, lá où un élément se fixe, où un dit peut se montrer, mathématique ou atistique, qui assemble en un but une unicité logique ou une forme plastique. La révélation représente une mutation du dit ( Gesprochenes) en dire ( Sprache). Ce dire ne peut être simplement rapporté à un 'contenu propre' et expressif. Il est 'parcours', 'voie'. Dans la révélation, la pensée parlante laisse ainsi se dédire la cohésion muette ou visible du prémonde. Par ce dédire révélant, s'oure un infini extérieur radicalement autre que 'l'infinitude recourbée sur soi-même de l'idéalisme".

Gérard Bensussan, Franz Rosenzweig, Existence et philosophie


"La relation sociale, le surplus de socialité qu'elle favorise, est donc tendue entre la relation éthique où l'Autrui me tient en otage et la guerre où je puis tenir Autrui en otage et le tuer. Entre guerre et paix, la relation sociale se cherche "concrètement", sans jamais trouver la juste place. Gradation, dégradation, rythmique plus ou moins juste, histoire lus ou moins juste qui fait transiter d'un involuntarisme où je suis tout à l'autre ( il y a un 'inconscient éthique", une inconscience 'obligée' de la relation éthique chez Lévinas, qui n'a rien á voir avec l'inconscient de la psychanalise) à ce volontarisme absolu où l'autre est tout à moi. Entre guerre et paix, entre volontarisme de la poussée et involuntarisme, le ton n'est pas le même, plus ou moins juste... Comme si la relation éthique pouvait se détourner, se retourner contre elle-même; non pas déclarer la guerre pour des raisons stratégiques mais se laisser emporter par la guerre. La poussée ravine et fissure la relation. Veut-on alors insinuer que la relation ne peut que se dégrader et solder par un jeu de massacre, par Auschwitz, ce "différend"- pour reprendre le terme de Lyotard- cette injustice radicale puisque la dialectique du maître et de l'esclave s'y est fracassée. Effondrement de la relation: pour le bourreau, il n'y avait même pas de victime, pour le nazi le Juif n'existait pas. Au champ, c'est la 'relation' qui fut concentrée au point de disparaître. Le champ de concentration invoque le refus de la décentration dont le champ de bataille était le théâtre".


Olivier Mongin, Droit, Paix, Guerre


"Toute relation sociale, comme une dérivée, remonte à la présentation de l'Autre au Même, sans aucun intermédiaire d'image ou de signe, par la sule expression du visage".

Emmanuel Lévinas.